Contrôle pédagogique de PtitLoup

Je ne vais pas mentir : ce contrôle, je l’attendais avec une vigilance certaine. Pas de la peur — de la vigilance. Ce n’est pas pareil.

On s’est préparés, comme toujours

Dès qu’on a reçu la convocation, j’ai accompagné PtitLoup. pour qu’il comprenne ce qui allait se passer. Ses expériences passées lui ont laissé des traces, et pour lui, l’arrivée d’inconnus à la maison dans ce contexte, ce n’est vraiment pas anodin.

De mon côté, j’ai fait ce que je fais depuis 2011 : j’ai envoyé un courrier de préparation. Son profil., ses besoins, notre façon de travailler, et un rappel du cadre légal – parce que le contrôle doit légalement tenir compte de l’état de santé de l’enfant. Ce n’est pas une faveur qu’on demande. C’est la loi.

Le jour J, j’ai remis en main propre mon bilan pédagogique par discipline, mon livret de synthèse par domaine du socle commun, et l’intégralité de son cahier numérique OneNote. – environ 500 pages de traces d’apprentissage concrètes. Quinze ans que je fais ça.

Et pourtant, dès le départ…

La première chose qui m’a été dite : si PtitLoup. n’est pas coopératif, il y aura un second contrôle.

Cette posture pose problème. PtitLoup est autiste. Il ne “refuse” pas d’interagir par mauvaise volonté : il peut simplement ne pas en être capable, ce jour-là, dans ce contexte, avec ces personnes-là. C’est son fonctionnement. Ce n’est pas de l’opposition, ce n’est pas un caprice et un second contrôle deux mois plus tard ne changera pas cela, bien au contraire.

J’avais prévenu et proposé une alternative simple : regarder les vidéos de lui en situation d’apprentissage réelle. Parce qu’on fait comment, concrètement, quand les modalités habituelles d’évaluation ne sont pas accessibles à l’enfant ?

Heureusement, la référente TSA était là.

Et vraiment : elle a sauvé ce contrôle.
Je lui ai proposé de monter avec moi voir PtitLoup dans sa chambre. Elle a dit oui. Et ce qui s’est passé ensuite, c’était simple mais exactement juste : pas de pression, une approche tout en douceur, un passage par ses centres d’intérêt, il s’est ouvert, à son rythme. Il a partagé, échangé, joué. Il s’est ouvert, en suradaptation, en masking, mais ouvert. C’est ça, observer un enfant. Pas appliquer un protocole. Créer les conditions pour qu’il puisse se montrer.

Il y a eu quelques échanges qui m’ont rappelé à quel point la formation spécifique (ou le manque de formation) change tout : suggérer la dictée vocale à un enfant dysphasique, demander si une famille autiste a des routines…

Ce que je retiens vraiment, c’est ça : quand les personnes en face sont formées, humaines, à l’écoute — ça se passe bien. Quand elles ne le sont pas, c’est à nous, parents, de tenir le cadre, avec calme, clarté et sans lâcher.

J’espère vraiment que cette référente sera là aux prochains contrôles. Son regard, sa façon d’être, sa compréhension réelle de l’autisme : c’est exactement ce dont mes enfants ont besoin, et à quoi ils ont droit.

@crédit image : Imala | unscho.imala.fr
(cliquer dessus pour agrandir)

En savoir plus sur Meute en Liberté

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

error: Contenu protégé !

En savoir plus sur Meute en Liberté

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture