Quand l’IEF rencontre la vie municipale
Cette année, j’ai fait quelque chose que je n’avais encore jamais fait : je me suis engagée sur une liste municipale dans notre petite commune. Pas par ambition ou stratégie, simplement pour qu’il y ait une liste d’opposition, parce que la démocratie, même dans un village de 200 habitants, a besoin de pluralité. Et ma fille aînée, 20 ans, a choisi de rejoindre la liste aussi.
Une leçon d’instruction civique… mais en vrai
En IEF, on parle souvent :
- de la République
- des institutions
- du rôle d’un maire
- du fonctionnement d’un conseil municipal
Mais là, mes enfants voient tout de l’intérieur :
- comment se constitue une liste
- comment on cherche des candidats
- comment on discute des valeurs communes
- comment on rédige une profession de foi
- comment on dépose officiellement une candidature
- comment se prépare une campagne, même minuscule
Ils découvrent que la politique locale, ce n’est pas des plateaux télé : c’est des voisins autour d’une table, des débats très concrets et des choix qui impactent la vie quotidienne.
Et j’ai envie de le dire clairement : en IEF, on est souvent accusés d’être des séparatistes, des familles en marge des valeurs républicaines. La réalité est tout autre. Nos enfants ne sont pas en dehors de la cité.
Ils en font pleinement partie. Ils la vivent, ils l’observent, ils la questionnent, et parfois… ils s’y engagent.
Il y a aussi eu mon fils (8 ans) : lui a pleuré. Parce qu’il ne veut pas que “les gens” nous connaissent.
S’exposer, pour lui, c’est insécurisant (heu, pour moi aussi… ). Parce qu’être visible, c’est perdre un peu de sa zone protégée (pour moi aussi !). Son émotion est légitime. Elle dit quelque chose de précieux : la conscience que l’engagement rend visible. Et ça aussi, c’est un apprentissage : apprendre qu’on peut avoir peur, et malgré tout choisir.
Comprendre le fonctionnement (simplifiée)
Dans une commune de moins de 1 000 habitants :
- on vote pour une liste complète
- la liste arrivée en tête reçoit une “prime majoritaire”
- les sièges sont ensuite répartis proportionnellement
- le maire est élu par les conseillers municipaux
Ce n’est pas abstrait, ce sont des personnes qu’ils connaissent.
Voir l’engagement autrement
Pour mes enfants, c’est précieux, ils voient que :
- s’engager ne veut pas dire “être d’accord avec tout”
- on peut être en opposition sans être en guerre
- on peut défendre des idées sans attaquer les personnes
- la démocratie commence à l’échelle la plus locale
Ils voient aussi le courage que ça demande : se positionner, s’exposer, prendre le risque d’être critiquée. Et ça, ça ne s’apprend pas dans un manuel.
L’IEF, c’est aussi ça
L’Instruction En Famille, ce n’est pas rester à la maison : c’est vivre, observer, comprendre le monde réel. C’est permettre aux enfants de voir comment les décisions se prennent, comment on peut agir à son niveau et comment on peut s’impliquer, même modestement.
Et peut-être qu’un jour, ils feront leurs propres choix d’engagement ou pas. Mais ils sauront que c’est possible.
Mais les enfants en IEF sont souvent des enfants de parents engagés (rien que de choisir l’IEF est un engagement) et deviennent des adultes engagés. C’est peut-être même cela qui dérange. Ils ont appris à réfléchir par eux-mêmes, à exercer leur esprit critique, à questionner plutôt qu’à répéter, à faire des choix en conscience, à défendre leurs valeurs quand ils estiment que c’est juste.
Ce ne sont pas des enfants coupés du monde. Ce sont des citoyens en devenir, déjà vivants dans la cité.

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