Lecture

PtitLoup a lu 8 phrases cet apres-midi de son livre APILI (j’ai pu l’enregister en audio) : on est toujours sur les mêmes phrases. (article précédant ici).

Il avait un peu laissé de côté la lecture en apprentissage formel depuis environ un mois. La venue de sa sœur aînée et de son compagnon à vivre ici a fortement bousculé nos routines et notre zone sécure, qui sont pourtant essentielles pour notre équilibre. PtitLoup déteste “travailler” lorsqu’il y a du monde à la maison et encore davantage lorsqu’il peut être vu, observé ou entendu. La présence sociale (et probablement aussi une peur du jugement ou de l’erreur) augmente rapidement sa charge cognitive et émotionnelle.

Hier soir, il m’a dit qu’il voulait apprendre à écrire en même temps qu’apprendre à lire, parce que pour écrire à ses copains sur son chat gaming discord, ça serait plus pratique. Et ça, c’est typiquement le moment où l’intérêt spécifique devient un véritable levier d’apprentissage.

Je lui ai expliqué que c’est justement pour cela que je lui propose régulièrement d’écrire les syllabes, les mots et les phrases qu’il lit… même si jusque-là, cela provoquait souvent du refus ou de la surcharge. Mais cette fois, il était d’accord pour essayer.

Ecriture

Après sa lecture, il a donc écrit sur la tablette, dans son cahier numérique OneNote.

Au départ, nous avons commencé par écrire en manuscrit avec le stylet. Et très vite, la difficulté est apparue.

PtitLoup présente une dyspraxie et l’écriture manuscrite lui demande une mobilisation cognitive et motrice énorme. Là où certains enfants automatisent progressivement le geste d’écriture, lui doit encore réfléchir consciemment à de nombreuses choses en même temps : former les lettres, coordonner les mouvements, gérer l’espace, maintenir la précision du tracé…

Or, il sortait déjà d’un effort important de lecture combinatoire. Lire 8 phrases lui demandait déjà beaucoup : décoder les sons, assembler les syllabes, maintenir son attention, mobiliser sa mémoire de travail… L’écriture venait donc s’ajouter à une charge cognitive déjà élevée.

Mais ce qui était chouette aujourd’hui, c’est qu’au lieu de partir en crise, il a réussi à verbaliser sa difficulté avec humour : « Alalala, c’est trop horrible. »

Alors je lui ai proposé autre chose : écrire au clavier. Et là, le changement a été immédiat. Il a écrit ses 4 phrases à la vitesse de l’éclair.

Pour les trois premières phrases, il regardait chaque lettre sur son livre : il faisait du recopiage visuel.

Puis, pour la dernière phrase, nous avons changé de fonctionnement. Je lui disais simplement le mot en décomposant bien les syllabes :

« Rrrrrrééééééé… »
« Mmmmmmiiiiiiiii… »

afin qu’il retrouve lui-même les sons puis les lettres correspondantes au clavier.

Et là, tout est devenu beaucoup plus fluide.

Cette séance montre bien qu’un outil de compensation n’est pas “une facilité”. Quand on retire une partie de la surcharge motrice, l’enfant peut enfin mobiliser ses ressources pour les apprentissages eux-mêmes : lecture, encodage des sons, repérage des lettres, production écrite…

À la fin, il était très content de lui.

Il s’était fixé comme objectif d’écrire 8 phrases, mais après la quatrième, il m’a dit : « Là, on arrête, mon cerveau est HS. » Et honnêtement, il avait raison.


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