Notre unschooling

Mes filles (03/2005 et 10/2012) n’ont jamais été scolarisées et nous avons toujours été en unschooling (= apprentissages libres).

Depuis leur naissance, nous avons toujours respecté les rythmes et besoins physiologiques, cognitifs, affectifs de nos enfants. Pour nous, le unschooling est dans la continuité de notre démarche “éducative” de maternage proximal et de parentalité positive. Il nous était inconcevable de scolariser nos enfants, et ainsi leur imposer la violence du système scolaire. La violence d’une vie ne respectant pas leur rythme et besoins physiologiques, leurs individualités. La violence entre enfants. La violence des adultes sur les enfants, les rapports dominants dominés, de l’adulte tout puissant qui sait sur l’enfant soumis qui ne sait rien. La violence de devoir entrer dans les cases, quoi qu’il en coûte. la violence des notations, des comparaisons, des attentes de rentabilité, de productivité… Exit l’épanouissement de l’enfant, exit le respect et la bienveillance… On moule le futur agent économique, futur citoyen modèle…

Nous avons fait naturellement le choix d’offrir la possibilité à nos enfants de grandir à leur rythme et comme elles le souhaitent. Nous tentons de leur offrir un environnement riche et stimulant, d’être à leur écoute, disponible pour les accompagner quand ils le demandent (je dis “ils” car même si le petit frère a 1 an, et donc pas en âge d’instruction, il est aussi en unschooling. Le unschooling va au-delà de l’instruction, c’est un art de vivre. Nous les regardons grandir, s’éveiller, s’animer, vivre… Tout est source d’apprentissage dans la Vie, TOUT !

Le unschooling demande une grande prise de conscience et de remise en question pour les parents, les “accompagnants“. Cela nous demande à nous déscolariser nous-même, travailler sur nos peurs. Le unschooling nous apprend à croire en nos enfants, en leur capacité, en leur ressource, en leur instinct d’apprenant ! Cela fait parfois très peur. Je me suis souvent demandée si j’avais raison. Mais, oui, OUI !! Et c’est une aventure extraordinaire, pour nos enfants et nous-même, un espace de liberté !

J’ai coutume qu’il y a autant de façon de pratiquer le unschooling qu’il y a de familles, même d’enfant au sein d’une famille !

Souvent, les personnes crient au scandale quand une famille unschooling utilisent des livres, des manuels, des supports, du travail formel. “Ahhhh ouhhh ce sont des faux unschooling !” Alors je dis NON, ceux sont ces personnes là qui n’ont rien compris au unschooling. Dans le unschooling, l’enfant est l’initiateur et le moteur de son instruction, de ses activités. L’enfant peut demander à utiliser un manuel, un livre, un travail formel, même faire un cours de je ne sais pas quoi. Il en a l’envie ! Faudrait il lui dire “Non, t’es en unscho !!” ?

Notre instruction s’adapte à la personnalité de chacuns de nos enfants, leur rythme, leur fonctionnement cognitif, leurs ressources, leurs besoins, leurs centres d’intérêt, dans un environnement basé sur la confiance, le respect, la positivité, l’épanouissement personnel.

Nous connaissons le socle commun. J’avoue ne pas connaitre les programmes scolaires par niveau et je m’en fiche royalement ! Je n’ai jamais établi de programme à suivre. Je suis mes enfants et là où ils nous mènent et comme ils nous y mènent… Pour les contrôles pédagogiques, une fois l’an, je reprend le socle dans un tableau et je mets face à chaque compétence, les activités que nous faisons et qui développe cette compétence. Les contrôles pédagogiques montrent la limite de l’éducation nationale. Les inspecteurs académiques dans l’immense majorité des cas ne comprennent rien au unschooling et connaissent très peu les pédagogies alternatives. S’en est parfois risible dans les rapports. Cela crée aussi des tensions et des peurs qui poussent parfois à sortir de notre unschooling, même inconsciemment.

Ma grande, ma Loovado, n’a jamais aimé le travail “formel”. Déjà petite, à l’âge où les filles de mes copines dessinaient, coloriaient, découpaient, collaient, ma Loovado courrait, escaladait, grimpait, fabriquait… Elle est toujours restée très physique. Elle a demandé très tôt à suivre des cours de sport et de musique (3 ans). Elle observait, elle voulait essayé, elle demandait à être inscrite (avec notre présence au cours requise). Les prof étaient étonnés de ses capacités physiques, sa dextérité, son endurance. Elle a 14 ans bientôt, et c’est toujours ainsi.

A une époque, j’ai eu des craintes, des doutes. Ma Loovado est entrée en lecture “tard” (pour l’IA et la norme admise) : 10 ans. Cela ne me posait pas de soucis en soi. Ce qui me questionnait, était qu’une fillette curieuse de tout et voulant tout apprendre en autonomie, soit totalement réfractaire pour apprendre à lire, alors que la lecture lui ouvrirait des horizons plus vastes, un accès à des connaissances sans notre aide. Elle évitait soigneusement toute activité qui la mettrait face à la lecture, mais aussi à certains autres apprentissages. J’ai pensé qu’elle choisissait la facilité, qu’il nous fallait peut-être la pousser un peu (L’IA mettait une légère pression du genre ‘bon l’an prochain elle sait lire”… A quoi je répondais “si elle le veut oui”). On s’est alors posé 1 heure tous les 2 jours (et encore… ), pour aborder la lecture. Mais, j’ai vite stoppé (15 jours/3 semaines) : ça ne correspond vraiment pas à ma vision, et de toutes façons comment forcer un enfant qui est réfractaire, qui n’a pas envie, qui se ferme ? Puis après avoir longuement parlé avec elle, elle a su dire qu’en fait elle avait envie de savoir lire, mais qu’elle ne comprenait pas en fait. J’ai donc pris l’initiative de la faire tester. Il s’avère qu’elle est multi-dys et une mémoire de travail défaillante. La neuropsy nous a appuyé dans notre démarche de unschooling, qui permet à Loovado d’avancer à ses rythmes, ce qui a du sens pour elle et sans mise en échec. Par contre, nous cherchons à proposer (et PAS imposer. Proposer c’est accepter un refus) des activités adaptées et qu’elles aiment à Loovado qui lui permet d’aborder ses difficultés.

Minilouve (tout juste 6 ans) aime se poser et faire des activités dans des cahiers, du “travail” comme elle dit. Depuis toute petite, elle demande des cahiers d’activité. Elle aime dessiner, colorier, découper, coller, écrire. Elle a demandé à apprendre à lire et écrire, car elle a hâte de pouvoir lire des livres à son frère, lui apprendre à lire, écrire à ses grands-parents sans notre aide, apprendre à son frère à écrire. Alors nous répondant à sa demande.

Nous disposons de nombreuses ressources numérisées dans un disque dur. Je ne trouve pas ça toujours pratique. C’est bien pour une activité préparée à l’avance, pas pour une réponse immédiate. Faut chercher dans le disque dur etc. Cela prend du temps et bien souvent mon enfant a alors zappé. Nous avons des livres (pas assez à notre goût), des jeux… Depuis de nombreuses années, j’ai passé beaucoup de temps à chercher sur le net des ressources et fabriquer des supports , du matériel de manipulation, surtout pour ma grande. Cela demande beaucoup de temps, d’énergie, de l’argent aussi (le papier, l’encre et les plastiques pour plastifieuse, ça coûte des sous !).

Cette année, pour Mini notamment, j’ai acheté des livres ressources et du matériel (Montessori principalement, elle adore et accroche ++). Je ne les suis pas comme un programme, elle ne les remplis pas tel un manuel. Ils sont pour moi une ressource. Ils me permettent d’avoir des supports “tout fait” pour ma Mini face à ses diverses questions, centres d’intérêts. Ils m’évitent de longues heures de recherches sur le net et de préparations., qui sont trop chronophages. Avec 3 enfants, j’optimise mon temps !

Avoir pleins de livres-ressources, de cahiers d’activités, de matériels de manipulation (achetés ou fabriqué) – à disposition – rend notre environnement plus stimulant, je trouve, que d’avoir dans un disque dur… En fait, tout est dans la salle de vie, au rez de chaussée, à la vue et à la disposition des enfants (même Ptitloup joue avec les alphas par exemple). Minilouve prend souvent un cahier Montessori, le regarde et me demande “C’est quoi ça ? on peut le faire ?”.

Voici un commentaire publié sur mon blog le  13 janvier 2019 en réponse à Isabelle sur cet article :

en fait je réfléchis… mon secret…

J’ai une tonne de ressources disponibles, des livres, des fiches, des cahiers d’activités numérisés sur mon DD, j’ai des tonnes de jeux, de matériel que je télécharge par ci par là au gré de mes lectures / recherches / échanges avec des nonsco, etc. J’imprime, plastifie et découpe (ou achète svt d’occasion).

J’ai passé des heures à me renseigner pour essayer de comprendre les difficultés de ma grande comprendre son fonctionnement pour pouvoir l’aider, l’accompagner au mieux, en lien avec elle, en lien avec nos valeurs. J’ai passé des heures à travailler sur les intelligences, le cerveau, les neurosciences, les pédagogies, les handicaps… les outils, ressources, etc.. (merci à moi même de m’être toujours intéressée à ces domaines depuis mon adolescence, d’avoir fait des études de psycho, d’avoir une grande curiosité intellectuelle et les capacités pour etc etc)

J’ai souvent proposé, jamais au grand jamais imposer, pour tenter de l’aider à se frayer un chemin au travers ses murs et dépasser ses souffrances. Car oui, bien sur qu’elle en souffrait et en souffre encore malgré des airs apparents de « je m’en fous »…

J’ai du souvent accepter que toutes ces préparations, ces we à imprimer/plastifier/découper, étudier différentes utilisations possibles cohérentes avec son fonctionnement et ses intérêts soient balayées car elle ne voulait pas, ou ne pouvait pas, etc. et continuer à chercher, faire ou acheter, proposer…

Et petit à petit, elle avance… et elle prend confiance… J’ai souvent pleuré.. oui pleuré, angoissé, souffert devant sa souffrance à elle qui me faisait me sentir si impuissante,… parfois misérable… J’ai souvent culpabilisée, cherché pourquoi ces difficultés… Merci la neuropsy pour son soutien, pour ses ‘compliments’ à l’égard de mon travail, de tout ce travail.

Tout ce travail, toute cette réflexion, tout ce lâcher-prise aussi, tout le travail sur moi, toutes nos ressources, outils, etc bien servent. Servent pour ma grande encore (parfois que maintenant pour certains outils qui attendaient leur heure (ou pas)), servent pour Mini qui les voit, les veut, les essaye, les adopte ou pas… Ils serviront aussi pour Ptitloup, sûrement… On rigole souvent, car Mini lui montre les alphas, qu’il manipule allègrement, elle lui dit les sons de chacun… il intègre, d’une façon ou d’une autre il grandit avec…

Alors oui peut-être que tout ça c’est FORMIDABLE, moi, pour moi, je pense juste que c’est mon rôle de maman c’est mon cœur de maman, mes choix de maman d’accompagner mes enfants…

Aussi, j’essaye depuis la naissance de Ptitloup, de réserver un temps dans la journée où je suis totalement disponible pour les filles, pour faire des activités avec elles. J’avais déjà eu cette organisation après mon divorce, quand j’étais maman solo. Sans cela, prise par le tumulte du quotidien et de toutes mes tâches entre la maison et le jardin, que les demandes des filles restaient sans réponse, toujours repoussées au lendemain. Donc, le matin (ou l’après midi. Je préfère le matin, mais bon, ce n’est pas fixe), on a 1 à 2 heures pour nous, pour faire des activités qui demandent ma disponibilité. Durant ce temps, je ne réponds pas au téléphone, je ne suis pas sur mon PC, où à faire d’autres tâches. Je ne suis qu’avec les filles (et Ptitloup, évidemment). Elles se choisissent une activité, sortent le matériel nécessaire etc et s’arrêtent quand elles le souhaitent. Parfois, elles peuvent ne rien vouloir faire, parfois ce peut-être un jeu, de la peinture, les alphas, ouvrir une valise des continents, manipuler du matériel de maths Montessori, choisir/continuer un sujet dans le cahier d’écrivain pour ma grande ou la préparation théorique de ses galops en équitation…. Le reste de la journée aussi elles font des activités (ou pas), mais je ne suis pas “obligée” d’être dispo pour les aider ou les accompagner pour creuser un sujet par exemple. Si je ne peux pas me rendre dispo, je note sur un pense bête les demandes/besoins et le soir j’y réfléchis, je prépare. Le lendemain je propose durant le temps où je me réserve pour elles. Moi, cela me permet d’être certaine d’avoir ce temps là pour elles, vraiment pour elles, un vrai temps de qualité. Avant, sans cela, j’étais toujours dans le stress à essayer de tout faire en même temps. Et les filles étaient frustrées car elles avait l’impression que je n’étais pas réellement présente avec elles.

Il y a aussi les nombreuses activités sportives et culturelles à l’extérieur ; danse, boxe française, athéisme, équitation… Les RDV avec la neuropsy pour Loovado.

En ce moment, on a aussi instauré un temps de jeux de société tous ensemble tous les jours. Perso, juste avant de manger, pendant que la cuisine chauffe, je fais un petit jeu avec les filles, ou juste après manger. Et le soir, on en refait un avec Loo après manger. Ce temps de jeux fait parti de notre rituel du soir. Ensuite, Loovado, en général, est dans sa chambre avec sa tablette à regarder des vidéos ou parler avec ses amis. Moi je suis dans la chambre avec Minilouve et Ptitloup, entre les tétées du soir pour Ptitloup, les histoires du soir avec Mini lovée contre moi (parfois un “mère fille” et un “sister” sur youtube. On discute aussi un peu, de la journée, ce qui a été ou pas.

Unschooling, pour beaucoup, rime aussi avec “chaos” : Là non plus je ne suis pas d’accord avec ça. Pour nous le unschooling n’est pas une absence de règles, de repères. Ce n’est pas un espèce de laxisme caché derrière un “il est interdit d’interdire” ou “faut pas faire d’adultisme”. Chez nous, il y a des règles, des règles du vivre ensemble. Des règles de “la liberté des uns s’arrête là où celles des autres commencent”. Des règles où chacun apprend à respecter ses besoins en tenant compte aussi de ceux des autres. Des règles de sécurité.

Le seul domaine où nous avons dû poser une limite contre l’avis des filles, c’est le temps d’écran. J’ai toujours laissé mes enfants gérer leur temps d’écran. J’ai toujours cru en une auto-régulation. Je l’attends toujours cette auto-régulation. Elles peuvent passer la journée entière devant l’écran, hypnotisées. Cela me pose un réel problème car je vois leur différence de comportement quand l’écran est présent ou pas dans leur vie. La grande s’y enferme, c’est un moyen d’y fuir ses difficultés. La petite devient agressive et hyper-active quand elle trop devant un écran. Donc, nous limitons ce temps. En fait, l’écran est en libre accès qu’à partir de midi, parfois avant le repas, pendant que ça cuit, parfois après le repas. Je vois une réelle différence entre les enfants sans écran et les enfants avec écran… L’écran est hors de pensée pour Ptitloup (je suis toujours éffarée par les bébés devant un écran).

 

Ci-dessous, vous trouverez un article que j’ai écris il y a deux ans maintenant, sur le limite du unschooling dans notre vie, dans un moment de questionnements justement notamment face aux difficultés de Loovado, mais aussi sur notre vie qui ne correspond pas à ce que j’aimerai…

Unschooling / Formel

Je vous invite à lire cet excellent site sur le unschooling https://apprendreenliberte.wordpress.com

Imala

Femme, Épouse, SoeurCière, Mère de 3 enfants - Loovado (2005), Minilouve (2012) et Ptitloup (2017) en unschooling depuis toujours.

Je suis une passionnée ! J'aime créer et transmettre afin de rendre aux personnes leur autonomie.

Talitakum, Lève Toi et Marche"

Thérapeute Holistique & énergéticienne
Accompagnatrice en parentalité
Formatrice-Animatrice en Permaculture
Webmaster - Création et maintenance de sites internet.
Auteure - auto édition (livres en cours de parution).

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